Les racines du Wing Chun
Chow Sze Chuen "Mon apprentissage du Wing Chun avec le Maître Ip Man" 2ème partie
Quand j'ai commencé à apprendre la technique du mannequin de bois, il y eu beaucoup de précieux conseils qui m'ont été donné par Ip Man , je les garde constamment à l'esprit encore aujourd'hui, se souvient Maître Chow Sze Chuen.
Chow Sze Chuen
Suite.........
Pour Ip Man, il était important que le pratiquant de Wing Chun travaille la forme du mannequin de bois dans le vide, en imaginant les bras et le corps de l'adversaire. Cela permet d'affiner ses mouvements pour plus de fluidité et assure une meilleure compréhension de l'espace de travail.

La partie la plus importante que le maître Ip Man m'ait donnée par rapport à l'utilisation du mannequin de bois, "continue Chow" est d'être sûr de coordonner son torse avec son travail de jambes.
Il est donc d'une importance capitale que le pratiquant de Wing Chun garde à l'esprit l'adage «Ma Yu Hup Yut" (littéralement : taille et position du cheval ensemble).
Le sens de ce dicton est qu’une bonne coordination entre les bras, la taille et les jambes fournit une plus grande puissance de frappe.
« Les Baat Cham To ou Wu Dip To (couteaux N°8 ou couteaux papillons) sont considérés comme l’une des parties les plus avancées du système Wing Chun et n'étaient pas enseignés ouvertement jusqu'aux années 70»

Même lorsque j'étais en formation avec le grand maître Ip Man, les Baat Cham To n'étaient pas enseignés aux élèves même s'ils étudiaient le Wing Chun depuis longtemps.
Avec cette philosophie, Il n'y eu que peu de gens formés et connaissant réellement la forme authentique transmise par Ip Man « explique Chow ».
« Chow Sze Chuen était en fait l'un des premiers étudiants à Hong Kong à qui Ip Man montra et enseigna les Baat Cham To, et peu après, il fut rejoint par ses camarades Ng Chan et Wong Tsok. »
Ip Man m'a formé aux Baat Cham To en utilisant une paire de couteaux en bois, mais il ne m'a jamais appris à utiliser les baat Cham To contre les autres armes. « Se souvient Chow Sze Chuen. »
Lorsque nous étions en formation avec les couteaux, si quelqu'un entrait dans l'école, la leçon cessait immédiatement.
Afin de maîtriser les Baat Cham To, le pratiquant doit être capable de coordonner ses mains et les couteaux avec l'idée « Dao Sao Yut Hup », la projection du Chi (Qi) qui a pour but d'atteindre la pointe du couteau.
Pour une connaissance approfondie des Baat Cham To, on doit pouvoir mélanger ces techniques dans les « Kuen Fat » (techniques de poing) et le Chi Sao.

« Selon Chow Sze Chuen, la position utilisée dans les Fat To (technique couteaux) est tout à fait différente de celle du "Yee jee Kim Yeung Ma Bo" et la position "Sze Ng" (Cham Kiu).
Ces deux positions sont étroites et, comme dans le cas de l'orientation de la position "Sze Ng", le poids est sur la jambe arrière. »
La particularité des Baat Cham To est que la répartition du poids est variable.
Pour souligner l'importance du mélange des positions des Baat Cham To avec le Fat Kuen, Ip Man m’avait démontré comment il était possible de mélanger ces positions en Chi Sao.
Il avait pour exemple, au moment du contact dans un Chi Sao, utilisé la position des Baat Cham To, puis c’était retourné immédiatement en reprenant la position Sze Ng.
Avec cette démonstration, il avait fait la preuve qu’il n'y a pas de conflit entre les positions et que le mélange des deux augmente réellement l'efficacité de la technique.
Ip Man a toujours donné beaucoup de son attention à ses élèves.

Cependant, sur les thèmes du Biu Jee, du mannequin de bois, des coups de pied, du Luk Dim Boon Gwun (bâton long) et des Baat chaam To, il n'enseignait pas tout et surtout pas a tous le monde.
C'est pour cela qu'il y a un mythe autour de ces techniques.
Peu de ses élèves connurent l'ensemble de son système.
« Chow en fit partie. Dans les années 1960, à la demande de Ip Man Chow Sze Chuen créa sa propre école pour transmettre ses connaissances du Wing Chun Kung Fu à la jeune génération. »
"Au début mon enseignement était axé sur les aspects traditionnels comme la pratique du Siu Lim Tao, Chi Sao et les bases."
"Depuis la création de la Ving Tsun athelic association de Kowloon, et avec le lancement du premier championnats Asian Kung Fu*, j'ai changé ma façon d'enseigner en mettant l'accent sur les coups de pied et, j’ai introduit des techniques de combat libre dans la pratique du Chi Sao."
"Je concentre une grande partie de la formation de mes étudiants au développement des techniques de coups de pied car, associés aux techniques de Chi Sao, on devient très efficace" explique Maitre Chow.
"Mon système de formation, a apporté des victoires à beaucoup de mes élèves, non seulement dans les tournois open de Kung Fu, mais aussi dans des combats défis*". Affirme fièrement Chow Sze Chuen.
« Chow Sze Chuen a dédié sa vie à la pratique du Wingchun c'est pour cela qu'il est resté loin des querelles politiques des arts martiaux, se concentrant sur sa pratique. »
"Dans ma vision de la vie et en tant que professeur de Wing Chun, je me considère comme plus qu'un simple Sifu, je suis un guide. "

"Quand je suis approché par mes étudiants avec des questions relatives à l'application d'une technique ou d'une autre requête, il est de mon devoir d'être sûr qu'ils sachent exactement pourquoi mon enseignement est correct".
"En les guidant à leur propre rythme, ils commencent à se sentir entièrement à l'aise et confiants avec ce qu'ils apprennent." Explique Chow.
"Mon espoir est qu'en agissant comme un guide, je puisse être utile pour aider mes étudiants à apprendre la totalité du Wing chun d'une manière correcte et à leur propre rythme."
Quand je m'entraînais avec Ip Man il n'était pas inhabituel pour les étudiants de passer trois ans sur le Siu Lim Tao.
Dans la société actuelle, la majorité des étudiants ne tolèreraient pas une telle lenteur.
Aujourd'hui ils n'ont tout simplement pas le temps de passer autant de temps à apprendre le kung fu.
La société moderne a un rythme rapide et très peu de gens voient l'étude de Kung Fu comme la pratique de toute une vie.
Ce qui doit être maintenu dans les arts martiaux est la discipline, « annonce Chow. » La discipline doit être enseignée par le maître.
La discipline et le respect étaient autrefois les bases de l'entraînement des arts martiaux, alors pourquoi perdre de vue cela aujourd'hui?
En 1972, la main du destin a porté un coup terrible à mon sifu, Ip Man fut diagnostiqué comme souffrant d'un cancer de la gorge.
Même s'il souffrait beaucoup Ip Man ne s'est jamais plaint devant ses élèves.
Malheureusement le 2 décembre 1972 Ip Man décédait, se souvient Chow avec tristesse.
Grâce aux efforts de Ip Man et ceux de ses élèves, le Wing Chun Kung Fu s'est répandu dans le monde et sa réputation est redoutable.
Espérons que les professeurs de Wing chun à travers le monde puissent unir l'art, « plaide Chow Sze Chuen ».
« Ip man a transmis son savoir à plusieurs de ses étudiants, mais Chow Sze Chuen a eu la chance unique d'être accepté comme un disciple à huis-clos. En tant que tel il incarne l'enseignement de son maître avec fidélité." »
Stephen T.K Chan
17 Juin 1995
Chow Sze Chuen "Mon apprentissage du Wing Chun avec le Maître Ip Man" 1er partie
Le grand maître Chow Sze Chuen n'a jamais eu le désir de se faire un nom dans le cercle du Kung Fu de Hong Kong, et encore moins à travers le monde.
Pourtant, il était un disciple très proche de Ip Man. Si la reconnaissance a échappé à l'un des meilleurs représentants du monde du Wing Chun Kung Fu, il l'a été par désir plutôt que par négligence.
En ces temps modernes, les maîtres actuels aiment à se glorifier eux-mêmes à chaque occasion, il est rafraîchissant d'observer un grand maître, comme Chow Sze Chuen, dont les compétences évidentes sont perçues lors de chaque séance avec ses jeunes élèves.
Il a toujours été du genre à fuir le feu des projecteurs, préférant rester discret, mais le grand maître Chow Sze Chuen mérite d'être crédité d'avoir aidé à la diffusion de la connaissance complète du style Wing Chun d'une manière non diluée.
Plébicité par Ip Man lui même et enseignant le Wing Chun depuis 40 ans, Chow Sze Chuen est finalement sorti de l'ombre pour partager son savoir-faire unique avec le monde des arts martiaux.
Chow Sze Chuen
Ma participation dans l'étude et l'exploration de Wing Chun Kung Fu dure depuis 40 ans, et la plupart des connaissances que je possède je les dois à mon regretté Sifu, le Grand maître Ip Man, c'est lui qui a enflammé mon intérêt pour la beauté du Wing Chun Kung Fu, il m'a assisté pour en saisir et comprendre un aperçu de ses merveilles.
En tant que pratiquant dévoué au Wing Chun, j'ai toujours considéré comme mon premier devoir de transmettre mes connaissances et ce depuis ma formation avec le grand maître Ip Man.
J'enseigne le Wing Chun Kung Fu depuis de nombreuses années. Maintenant que je me suis retiré de l'enseignement ouvert, il me plaît énormément d'être le témoin de la même dévotion dans l'enseignement de mes élèves.
Stephen Chan & ses élèves discutant avec Chow Sze Chuen
La rencontre entre Chow Sze Chuen et Ip Man, va semer chez Chow Sze Chuen les graines d'un dévouement sans faille tout au long de sa formation.
Chow Sze Chuen :
Mon initiation à l'école Wing Chun a eu lieu en 1956 quand j'ai visité l'école du grand maître Ip Man, qui, à cette époque, était située dans un bâtiment sur la rue Lee Tat, Mongkok, évoque Chow Sze Chuen.
Avant cela j'étais pratiquant dévoué au style "Chu Gar" mante religieuse depuis environs 16 ans, j'ai été immédiatement impressionné non seulement par l'efficacité prospective évidente de la ligne droite du Wing Chun, mais aussi par la logique et les principes scientifiques derrière ce style.
Débordant d'un enthousiasme sans précédent. j'ai immédiatement arrêté ma formation en "Chu Gar" mante religieuse et me suis immédiatement joint à l'école du grand maître Ip Man.
Ip Man au centre, Chow Sze Chuen est au premier rang a gauche
Le grand maître Ip Man enseignait d'une manière unique pour l'époque à ses élèves, car il était convaincu que pour être un bon enseignant de Kung Fu, il fallait plus qu'être simplement un excellent pratiquant, il était plus important que l'enseignant sache comment réussir à transmettre ses connaissances à ses élèves pour former des élèves de grand niveau.
Sur une période d'environ six mois, Ip Man m'a initié au Tao Siu Lim (littéralement la petite idée), suivie par le Dan Chi Sao (une main collante) et, éventuellement, le Sheung Chi Sao (double mains collantes).
Peu de temps après, Ip Man a déménagé son école qui allait se situer dans le domaine Li Chen Uk à Kowloon.
Les années 1950 furent les années formatrices pour le Wing Chun à Hong Kong et, en tant que telles, les bases ont été forgées en permanence, tandis que les aspects les plus avancés du système ont rarement été divulgués, révèle Chow.
Dans les premières heures du Wing Chun à Hong Kong, ceux qui enseignaient, étaient concentrés sur le Siu Lim Tao, Le chi Sao et rarement sur le combat libre.
La forme Cham Kiu (la recherche du pont) n'était généralement enseignée à l'élève qu'après au moins deux ou trois ans d'étude continue.
Concernant les coups de pieds, le mannequin de bois, le Biu Jee et les armes, toutes ces techniques étaient rarement divulguées, encore moins enseignées, les élèves n'avaient jamais aucune indication du moment où ils seraient aptes et qualifiés pour commencer à apprendre ces techniques.
La raison était que tous les élèves n'auraient pas tous la capacité ou l'opportunité d'apprendre le système complet.
Chow Sze Chuen au baton avec Mak Kwong Kuen au couteaux
Une formation avec Ip Man, voulait dire qu'il fallait consacrer une immense quantité de temps à forger les techniques de base du Wing Chun, le Siu Lim Tao, était effectué sans relâche, avec diligence et à la recherche de la perfection.
Ip Man disait que pour devenir un artiste Martial accompli, il était impératif d'abord de construire une base solide.
Chow Sze Chuen possédait le désir constant de se dépasser, d'apprendre et d'une grande motivation, il espérait atteindre les niveaux supérieurs de compréhension et d'habileté dans le Wing Chun. Ce fut très vite remarqué par Ip Man, qui l'accepta comme disciple à huis clos.
À cette époque, explique Chow Sze Chuen, il était impératif que les élèves possèdent non seulement de l'auto-discipline, mais aussi de l'auto-motivation.
Les classes étaient différentes de celles d'aujourd'hui, différent de l'enseignement dans le monde occidental, et en tant que telle, il n'y avait pas de format défini.
Par conséquent, si les élèves ne possédaient pas l'auto-motivation et la discipline, à continuellement se pousser à bout physiquement et mentalement, personne ne vous poussait.
Dans ces années-là, cela signifiait aussi qu'il fallait posséder une grande dose de patience, car le Sifu ne dispensait pas souvent de nouvelles techniques ou d'aspects théoriques de l'école.
Un des problèmes majeurs était que certains des élèves du maître Ip Man s'entraînaient dur quand le maître était présent à l'école dans le but de l'impressionner, mais en son absence, ils s'arrêtaient pour se détendre: ce qui bien sûr, était préjudiciable pour le développement de leurs compétences personnelles, et Ip Man n'en était pas dupe, expliquent Chow.
Ip Man était un professeur coulé dans un moule traditionnel, son point de vue était donc, qu'il valait mieux transmettre ses connaissances du style Wing Chun à plusieurs étudiants très qualifiés et dévoués, plutôt que l'enseigner, à 20 élèves médiocres.
Ainsi, était la croyance de Ip Man qui pensait que la qualité est beaucoup plus importante que la quantité!, explique Chow.
Ip Man
Il doit être rappelé, que ce n'était pas le désir de Chow Sze Chuen d'amasser une fortune en enseignement le Wing Chun, et que sa principale préoccupation était de conserver et transmettre la connaissance complète du style Wing Chun dans sa version si possible la plus pure.
Chow Sze Chuen ajoute :
En ce qui concerne la méthode d'enseignement du grand maître Ip Man, il fournissait très rarement à ses élèves d'explications en profondeur, et il ne montrait pas le système complet à beaucoup de ses élèves, c'est pour cette raison que pendant tant d'années, le Biu Jee a été un tel mystère, jusqu'à ce que mon disciple, Stephen Chan éclate le carcan de la tradition et le révèle au monde.
C'est aussi pour ces mêmes raisons, qu'aujourd'hui, on peut voir l'arsenal des coups de poing enseigné dans le Wing Chun. Pendant de nombreuses années, on croyait que le Wing Chun ne contenait qu'un seul coup de poing, le Yat Tse Chong Kuen (coup de poing direct caractère «soleil »), alors qu'en fait, il contient également le Kuen Pall (coup de poing semi-circulaire dans Cham Kiu) et le Chop Kuen (coup de poing crochet dans Biu Jee).
Aujourd'hui, aussi difficile qu'il y paraisse chaque élève qui appris de Ip Man n'a pas été instruit de la mêmes façon dans les applications.
La méthode d'enseignement du grand maître Ip Man peut paraître étrange de nos jours, soutient Chow Sze Chuen, ce qui doit être rappeler, c'est que, traditionnellement, les maîtres n'enseignaient pas à tous leurs élèves 100 pour cent de leurs connaissances, et Ip Man ne faisait pas exception.
Si le grand maître Ip Man avait un élève qui apprenait vite, était intelligent et qu'il aimait sa personnalité, très souvent il passait beaucoup de temps à transmettre ses connaissances à cet élève. Autrement, si l'élève n'était pas à la hauteur des attentes de Ip Man il ne passait pas trop de temps avec cet élève, l'élève devait se contenter d'apprendre de ses collègues frères de Kung Fu.
La salle où enseignait Ip Man à Li Cheng, avait un espace très limité, et il n'y avait pas de mannequin de bois. Afin de surmonter cet obstacle, au moment où est arrivé pour Chow Sze Chuen le temps de commencer l'apprentissage du mannequin de bois, il s'installa un mannequin a l'extérieur d'une petite remise qu'il avait à Gau Wah Ging, et Ip Man vint personnellement lui enseigner les huit sections qui composent la forme.
La technique du mannequin de bois a toujours été considérée comme l'un des aspects les plus importants et avancés de l'école de Wing Chun.
Pendant la période où maître Ip Man était à Foshan, les techniques du mannequin se composait de 140 mouvements, mais en arrivant à Hong Kong, il a conclu que certaines des idées originales était redondante et, après les avoir réévalués, il réduit le nombre total des mouvements à 108.
Ip Man
Chaque jour après son travail le maitre Chow Sze chuen pratiquait assidûment le mannequin de bois jusqu'à atteindre un niveau très élevé.
Une des raisons qui permit à Chow Sze Chuen d'atteindre un tel niveau était que le mannequin de bois était placé en extérieur, de la mousse recouvrait la surface du sol ainsi que le corps du mannequin. Le corps du mannequin de bois et le sol étaient très glissant.
A cause de celà, Chow Sze Chuen dut porter une attention particulière à ses appuis au sol, à ses déplacements et au développement de sa projection de force sur le mannequin.
Quand j'ai commencé à apprendre la technique du mannequin de bois, il y eu beaucoup de précieux conseils qui m'ont été donné par Ip Man , je les garde constamment à l'esprit encore aujourd'hui, se souvient Chow.
A Suivre.........
Chi Sao "littéralement les mains collantes"
Le Chi Sao est l’exercice principal de notre style, il vise à développer nos facultés pour le combat.
Grâce à ce travail, le pratiquant de Wing Chun va adapter naturellement les techniques apprises au moment opportun sans avoir à y penser.
Avant d'arriver à ce résultat, voici le chemin qu'il devra parcourir.

Le chemin du Chi Sao
Notre Chi Sao est divisé en deux parties,
La première partie est le "Pun Sao" qui peut se traduire par "mains roulantes".
On retrouve dans cette partie tous les exercices de mains collantes tels que le "Dan Chi Sao" ou le Sheung Chi Sao".
La deuxième partie est le "Guo Sao", défenses et attaques avec les techniques Wing Chun.
La partie "Guo Sao" n'est pas prédéfinie, c'est une sorte de combat libre ou l'on utilise uniquement les techniques du Wing Chun notamment les exercices Pak Da, Lap Da ou Boang Da.
Les deux "Pun Sao" et "Guo Sao" ont pour principe de garder le contact avec les mains de son partenaire.
Les buts cumulés de ces deux parties vont nous permettre de forger notre Chi Sao, en renforçant les concepts ou les principes du Wing Chun, en formant à la sensibilité et la souplesse du corps et en formant l'esprit au Wu Wei "art du relâchement et détachement de l'esprit".

Après un certains temps de pratique dans l'art du Chi Sao, au moment où les pratiquants ont démontré qu'ils ont atteint les buts du Chi Sao mentionnés ci-dessus, les pratiquants peuvent passer au stade du "Lut Sao", c'est à dire, le combat libre.
"Lut Sao" - veut dire sans contact avec la main de l'adversaire, cette dernière phase permet de venir dans la phase réaliste d'un combat, qui veut que tous les moyens et possibilités du pratiquant soit révélés et mis en œuvre dans la plus grande liberté.
Cette phase de travail est la dernière étape de formation pour le combat libre dans l'art du Wing Chun.
Mon maitre Chow Tze Chun, m'a souvent dit que Ip Man encourageait toujours la pratique du "Lut Sao".
Ip Man disait : «Lut Sao Kin Kung Fu" qui signifie, le Kung Fu réel ne peut être vu que dans le combat libre.
On peut comprendre alors pourquoi, beaucoup d'élève de Ip Man se retrouvait dans les "Beimo" ces combats improvisés et illégaux qui avaient lieu sur les toits de Hong Kong entre écoles de Wing chun ou écoles d'autres styles.
Le Chi Sao est un exercices qui est pratiqué dans toutes les écoles de Wing Chun, car c'est la seule manière qui oblige à employer et affirmer les techniques du Style Wing Chun.

Ce type d'exercices, mis dans une situation de combat simulée bien encadrée, oblige aussi le respect des concepts du système.
Le combat libre ne sera pas très souvent pratiqué, la raison principale est que le combat libre peut vous permettre de faire ce que vous voulez.
Si le pratiquant débutant ou non confirmé de Wing Chun fait trop de combat libre, il aura tendance à ne pas former la substance du Wing Chun, il prendra des raccourcis afin de pouvoir frapper et négligera sa défense.
Un autre risque du trop de combat libre est que la formation dispensée peut devenir une simple formation en combat libre, Il deviendra alors, inutile d'apprendre le Wing Chun.
Toutefois, une formation type "Sparring" ne peut pas être ignorée car c'est la seule situation qui s'approche de la réalité d'une vraie confrontation.
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Sifu Lionel ROULIER
France Wing chun
Lam Kuen, Pac Toï « Les poings au sud, Les pieds au nord »
Il y a un dicton dans les arts martiaux chinois qui dit: «Les poings au sud, Les pieds au nord".
Le Wing Chun est un art martial du sud qui est bien connu pour son utilisation des mains qui
seules sont suffisantes pour vaincre un adversaire.
À partir de ce malentendu, Le Wing Chun a été vu comme seul art des poings et les coups de
pied se sont trouvés négligés.

Les techniques de jambes sont un tel atout dans la pratique qu’une maxime du style Wing
Chun dit que, les mains de l’adversaire sont comme deux portes battantes que l’on doit ouvrir
afin d’entrer avec les pieds.
Une autre pensée du Wing Chun dit : « Kuen Ta Sam Fan » les poings frappent 30% du temps
alors que les coups de pied sont utilisés pendant les 70% restants.
Les jambes sont naturellement plus longues et plus fortes que les mains.
Cela donne pour les personnes de petite taille un avantage, qui en utilisant les coups de pied
pourront contrer un adversaire plus grand et plus fort physiquement.
Le Wing Chun étant un art martial interne où l’on utilise la puissance des tendons et des
ligaments, l’utilisation des coups de pied permet une économie d’énergie, cela bien sur tant
qu’on ne dépasse pas la hauteur de la taille.

Le pratiquant de Wing Chun peut utiliser ses techniques de jambes à la distance de frappe des
poings, il peut donc coordonner ses actions du haut et du bas du corps afin de surprendre
l’adversaire.
Pour maîtriser la coordination des mains et des jambes, Le pratiquant de Wing Chun doit
comprendre que la zone supérieure du corps et du milieu, est la province des mains.
Les jambes seront utilisées dans la zone inférieure du corps en contre-attaque.
Une fois que l’on maîtrise cette coordination du haut et du bas, le pratiquant utilisera ses
mains pour distraire l'adversaire, tout en ajustant les membres inférieurs pour frapper sans
alerter l'adversaire. Pour illustrer ce principe, Il est dit dans le célèbre ouvrage chinois, les 36
stratégies «feinte à l'Est, attaque à l'Ouest".
Le pratiquant pourra aussi utiliser les pieds pour neutraliser ceux de l’adversaire et en même
temps utiliser les mains pour contre attaquer.
Il sera alors en accord avec cette maxime du Wing Chun qui dit : "quand vous voulez attaquer
mon sommet (Tête), je frappe en bas, quand vous frappez vers le bas, je vais frapper vers le
haut».

Les coups de pieds sans ombre du Wing Chun « Mo Ying Gerk » sont appelés ainsi parce
qu'ils sont soudain, précis, imprévisibles et rapides comme l’éclair. Si rapide que l'adversaire
n'a même pas la possibilité de réagir au coup de pied.
Pour répondre à cette exigence, Le mouvement d’attaque doit être minimal et petit pour être
soudain et non télégraphié, mais la portée doit avoir assez de distance afin de conserver la
puissance du mouvement.
Les mouvements doivent être liés par le maintien de la flexibilité de la posture, des positions
et des déplacements.
Ce ne peut-être atteint que si l'on est souple et détendu.
Lorsque vous utilisez les jambes contre l'adversaire, il est très important d'être rapide et agile
car, il y a un délai entre le moment où le pied doit se soulever du sol, où le coup de pied
frappe et encore un moment où le pied se replace sur le sol de nouveau.
Ce délai transforme le « Timing » de vos actions, ce qui va affecter la capacité du corps à se
déplacer rapidement.
Si ce délai n’est pas maîtrisé, les attaques de jambes ne pourront pas blesser l’adversaire, et
pourront au pire donner à l'adversaire une chance de contre-attaquer.
C'est aussi quand on est lent à attaquer l’adversaire qu’il est difficile de le surprendre.
Il faut donc avant d'essayer d'utiliser les coups de pied former le corps pour réduire ce délai de
réaction.
La forme Cham Kiu est utilisée pour former le corps à transférer son poids sur la posture de
pivot Pien Ma et la posture frontale Ching Ma.

Le poids doit être entièrement sur la jambe arrière et la jambe avant devant être juste
légèrement en contact avec le sol.
La posture des hanches doit être structurée avec le travail de jambes pour être stable.
C’est lorsque l'on a atteint le stade d’enracinement de la structure tout en gardant la souplesse
et la flexibilité, que l’on peut essayer d'atteindre un degré élevé de précision dans les coups de
pied.
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Sifu Lionel ROULIER
France Wing chun
Foshan Wing Chun - "Yiu Choi et son Wing Chun Serpent"

Yiu Choi
(1890-1956)
Yiu Choi a commencé l'apprentissage du Wing Chun avec Yuen Chai Wan, le frère aîné de Yuen Kay Shan, vers 1820.
Il étudia avec lui jusqu'à ce que Yuen parte pour le Vietnam où il fonda son école de Wing Chun, en 1936, juste après la mort de son Sifu Siu Fung Ching.
Juste avant son départ, Yuen introduit Yiu Choi à son ami Ng Chung So "élève du Maître Chan Wah Sun" pour poursuivre son étude du Wing Chun.
Yiu Choi et son frère aîné, possédaient et exploitaient une fumerie d'opium et une maison de jeux.
Ils offrirent à Ng Chung So de tenir ses cours tous les soirs, dans la salle arrière de la maison de jeux.
Ng Chung So enseigna dans cette arriére salle pendant à peu près une dizaine d'années jusqu'à sa retraite.
Yiu Choi lui avait amménagé dans sa maison une chambre, Ng Chung So vécut là environ une dizaine d'années, en échange d'une formation continue pour Yiu Choi et son fils Yiu Kay.
Connu comme "Dai Lik" (Grand Fort) en raison de sa puissance naturelle, Yiu Choi a enseigné le Wing Chun à son fils, Yiu Kay, ainsi qu'a Fok Chiu et Go Bing.
Yiu Kay avait déclaré que, son père Yiu Choi, avait été l'un des instructeurs de Ip Man.
Difficile de savoir si cela était vrai, Mais il y eût un moment où les deux Yiu Choi et Ip Man eurent le même enseignant Ng Chung So, et ont probablement échangés leurs expériences.
Yiu Choi est la 5ème génération de Wing Chun - Ng Chun So, lui ayant confié le Titre de "Descendant du Style Wing Chun".

Une photo de Yiu Choi et de son groupe d'élèves, on peut y voir Yiu Kay et Fok Chiu.

ici au centre de la photo Fok Chiu et Yiu Kay
Aujourd'hui l'école de Foshan est tenue par les 3 fils de Yiu Kay, ils ont suivi l'enseignement de leur pére jusqu'a sa mort et ont pu terminer leur formation grâce aux anciens élèves de leur pére, Fok Chiu en tête de liste.


Ci-dessous une présentation du Wing Chun dummy bamboo, une variante du mannequin de bois
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Sifu Lionel ROULIER
France Wing chun
